2008-09-27

Être bien connecté : tout est là!

« With a lifetime's practice I've learned to keep in mind that I am only a complicity, a space through which stuff passes, and that my purpose is to touch the right stuff in just the right way as it passes through, in a way that brings meaning and joy and value to myself and to others in my social networks, my communities. To do this I use a particular process (sense, self-control, understand, question, imagine, offer, collaborate) to address each issue, project, decision, and challenge I face each day.

« Much of this process is social, and it is conducted with members of my communities, my social networks. In fact deciding who to include in which networks, which networks to participate in, and how, and which people to invest time in and seek conversation with (and perhaps even which to trust and love) is probably the most important type of decision I make each day. »

Dave Pollard

2008-09-22

Sans commentaires possibles, un blogue est-il vraiment un blogue?

« Les commentaires peuvent enrichir un article de blog mais ce n’est pas obligatoire. Les commentaires peuvent aussi être nuls, agressifs, pas constructifs, méchants, inutiles, illégaux, insultants, inutilement provocateurs et j’en passe. Ils peuvent même être carrément à côté de la plaque (...). Certains blogs sont plus exposés que d’autres. Leurs auteurs sont des stars ou ils abordent des sujets sensibles. Mais, tous les blogs ont du faire face à se problème, sans avoir encore trouvé de solution magique. [...]

« N’en concluons pas trop vite que l’interactivité est inutile, que l’ouverture n’apporte rien de bon ou que l’échange de qualité est impossible sur le Web. Entre la tentation élitiste, voire corporatiste, des sachants et la démagogie qui consiste à sacraliser automatiquement la parole de tous, il existe la voie médiane de l’échange adulte et responsable.

Mais cet échange et cette participation exigent du temps et du travail d’animation de la part de l’éditeur du blog. Pour gérer les trolls, bien-sûr, mais aussi pour animer la conversation, la relancer ou la calmer. Rien n’est simple : ouvrir un blog c’est facile. C’est ensuite que cela se complique… »

Xavier de Mazenod


Bloguer avec ou sans chapeau?

Pas facile d'être à la fois citoyen, journaliste, engagé et... blogueur.

« Lorsque je publie un billet, le lecteur de devrait-il pas savoir avec quel chapeau je rédige son contenu? Le citoyen Michel, le journaliste Dumais, la personne engagée? [...] j'ai décidé d'ajouter trois nouvelles catégories qui clairement, indiqueront aux lecteurs QUI leur parle. Journaliste Dumais, c'est le journaliste, soumis à un code d'éthique et à l'objectivité. Citoyen Michel, c'est la personne qui pense, réfléchit. Michel Dumais engagé, c'est le citoyen qui s'implique, celui qui par exemple, est membre du conseil d'administration de CIBL-FM. Bref, à compter d'aujourd'hui, pour chaque billet publié sur ce blogue, une catégorie indiquera au lecteur QUI leur parle. »

Michel Dumais


« Dans mon cas (...), il y a le prof de français, le musicien professionnel, l'ancien prof d'un paquet d'affaires (!!!), le citoyen qui réfléchit, le pédagogue qui réfléchit, le futur papa, le chum, l'ami, le collègue, etc. Bref, beaucoup de chapeaux, sans compter la tuque occasionnelle en hiver… Pour ma part, j'aurais peur au danger de dédoublement (ou démultiplication !) de personnalités ;-)) Sérieusement, il arrivera toujours un cas limite où deux catégories minimum s'affronteront. Alors je préfère être unique partout, d'avoir une identité unique, qui laisse filtrer certaines choses à sa guise, selon ses choix… »

Sylvain Bérubé (en commentaire)

« ... j'ai des réserves sur cet exercice à venir, de pouvoir «couper au couteau» l'identité choisie d'un billet (par intention) et la possibilité objective de complètement laisser de côté les deux autres. Si (je dis bien «si») tu peux… si c'est possible… Qui te dit que tes lecteurs le pourront? »

Mario Asselin (en commentaire)

L'alternative, c'est de s'abstenir d'aborder les sujets qui risquent d'être compromettants :
« [...] je voulais préciser que je ne pourrai bloguer sur la campagne électorale au fédéral de façon habituelle puisque iXmédia est à l’origine de la démarche du blocgue du Bloc québécois et que j’ai fortement contribué au dossier… Je vais donc m’imposer ici une sorte de "devoir de réserve"! »

Mario Asselin

2008-09-20

Élections et démocratie

,« La démocratie, c'est la conviction que les meilleures conditions du développement d'une communauté humaine reposent sur un pouvoir également réparti entre tous les membres qui la composent. C'est l'utopie fondatrice de notre civilisation. [...]

« La démocratie ce n'est pas voter une fois tous les quatre ans (...), c'est le débat, continu, qui doit contribuer au développement des communautés humaines auxquelles on s'identifie. [...]

« Le moment des débats, des nuances, de l'approfondissement, des idées nouvelles et des valeurs, c'est entre les élections. C'est dans les associations, dans les conseils de quartiers, dans les instances des partis politiques, dans les journaux et sur le Web, dans les blogues, les wikis, etc. que ça se passe. Dans l'espace public au sens large. Et ça demande du temps, de la constance et de l'engagement. »

Clément Laberge

L'analphabétisme aujourd'hui

« L’alphabétisme n’est plus une simple question de lecture; la littératie concerne désormais des formes de communication en marge du texte. Ainsi, l’analphabétisme prend aujourd’hui des allures inattendues, notamment au regard des nouvelles technologies de la communication. »

François Guité
commentant un rapport du Conseil canadien sur l'apprentissage

Un réseau humain?

« On décrit souvent le Web 1.0 comme un réseau qui relie des pages, et le Web 2.0 comme un réseau qui relie les gens.

« Dans ce sens, il ne faut pas oublier que le web 2.0 n'est qu'un outil complémentaire pour la majorité des gens et qu'il existe en fait déjà d'autres façons de nous relier entre nous (Internet n'a pas inventer les réseaux sociaux --il ne permet que garder une trace)

« Le Web maintenant ne fait que pousser exponentiellement ce potentiel à des limites tout à fait nouvelles inconnues auparavant. Mais, comme tout média, c'est un outil qui a ses particularités et ça attire un certain public (qui est différent du CB, de la radio, de la télévision et du cinéma).

« Le Web 2.0 reste un outil génial où la participation du plus grand nombre est possible : il permet d'étendre ses capacités de diffuser à son propre réseau social, de façon relativement simple et peu onéreuse. C'est ça la nouveauté. »

Martin Lessard

« Prof » pour Professionnel

Je pense aussi que le jour où les enseignants se donneront le statut de professionnels, la qualité de l'éducation au Québec montera d'un cran.

« À présent que le mot renouveau est sur le point d’être délogé, j'anticipe qu'il sera remplacé, sans tambours ni publications officielles, par l’idée de progrès continuels, comme en médecine. Des progrès réalisés au jour le jour, à l’échelle de chaque établissement.

« [...] Ce sera le moment où l’objectif central de cette réforme selon moi — la professionnalisation des métiers d’enseignement et de gestion — aura été achevé. »

Amine Tehami

2008-09-17

Université 1.0

« Comment accepter qu’une université qui forme de futurs enseignants les entraîne à la dictature pédagogique. À une époque où la réflexion, la métacognition et l’autonomie d’apprentissage sont des compétences essentielles, où est la logique d’obliger les étudiants, finissants de surcroît, à caler dans les ornières? »

François Guité

Il y a pourtant des pistes de solutions...

Voici de quoi alimenter la réflexion des responsables des prochaines négociations...

« ... le système scolaire « pète par les deux bouts » actuellement et à force de vouloir traiter tout le monde de la même façon (confondant « pareillement » avec « équitablement ») on échappe de plus en plus de monde.

Les jeunes des milieux défavorisés, évidemment, qui ont droit plus que tous les autres au soutien de l'État.

Mais aussi les plus privilégiés, qui ne se retrouvent plus aussi bien dans l'école et dont le décrochage (effectif ou affectif) appauvrit/affaiblit encore plus l'école.

Je suis de plus en plus convaincu qu'avoir le courage d'aborder tout cela implique obligatoirement la remise en question de l'uniformité de traitement des élèves. Remettre en question les programmes c'est une chose; faire la même chose avec le financement c'en est une autre (nécessaire!)... mais il faut aller encore plus loin et admettre que tous les enfants n'ont pas besoin du même temps de présence des profs, des mêmes services, etc.

Il faut remettre en question le dogme du 100% des élèves 100% du temps avec un prof. Je pense qu'à partir de là... un paquet de choses se simplifieraient presque jusqu'à se régler d'elles-mêmes...) »

Clément Laberge (en commentaire)


« Et si on partait des intérêts des élèves ? Si on leur demandait quels étaient leurs impératifs ? Si on ne les prenait pas tous pour des cruches? J’ai travaillé avec les jeunes du cheminement particulier au PEI, en passant par le régulier. Ensemble, nous avons questionné les mérites du boycott, la pertinence du féminisme, les fondements du souverainisme, les violations des droits de la personne, la propagande dans la publicité, les écarts des classes sociales, la mondialisation. Ils m’ont apporté de la musique qui les touchait et nous avons exploré pourquoi. Nous avons parlé des conflits au sujet de l’agenda, de la suspension du conseil étudiant. Nous avons lu la loi sur l’instruction publique, les chartes de droits, pour répondre à nos questions ! Ils sont tous autant motivés à poser de profondes questions sur leur monde. Pourquoi ne pas leur en donner la chance ? Pourquoi l’école a si peur de donner un pouvoir de décision aux élèves ? Les enseignants qui savent parler aux élèves vous diront qu’ils sont préoccupés par la pauvreté, la solidarité internationale, la guerre, les droits fondamentaux, l’environnement, les relations avec leurs parents, l’intergénérationnel, l’économie, etc. Tout ce dont un citoyen éclairé devrait avoir comme préoccupation. N’est-ce pas là la finalité de l’école ? »

Stéphanie Demers (en commentaire)


« Ne serait-il pas envisageable d'instaurer un système d'affectation par lequel, pendant les 2 ou 3 premières années d'enseignement, tout nouvel enseignant, indépendamment de son ancienneté se verrait confié un poste régulier de manière à pouvoir vraiment enseigner évitant ainsi d’être contraint à tenir le temps ou à jouer au préfet discipline, ce qu'ils n'osent probablement pas faire fréquemment en raison de leur manque évident et compréhensible de confiance en eux... " Comment la direction de cette école – que je ne connais même pas — réagira-t-elle face à mon incapacité à gérer la discipline au sein de ce groupe d'élèves turbulents ? Serais-je réengagé si je dérange trop fréquemment monsieur le directeur ou madame la directrice ? "

Ces postes qui leurs seraient confiés ne devraient, à tout le moins, pas comporter de groupes d'élèves jugés « difficiles ». De surcroît, ces jeunes gens devraient pouvoir être jumelés à des enseignants chevronnés qui assureraient ainsi une forme de coaching et auxquels ils pourraient systématiquement et facilement référer en cas de doute ou de difficultés. »

Robert Larochelle (en commentaire)


« ... l'école c'est aussi les enfants qui sont dedans et les promesses qu'on leur a fait et qu'on n'a pas tenues. Parce que l'école de ceux qui ont besoin de l'école pour se sortir de la misère, c'est à d'autres qu'on l'offre. Trop souvent, au lieu d'offrir à ces enfants les meilleurs éducateurs et à ces éducateurs, les meilleures conditions d'exercice possible, au lieu de ça on organise des clubs de déjeuners, on propose des travailleurs sociaux, des plans d'action, et tout ce que l'industrie de la pauvreté a à offrir. Toutes sortes de monde qui viennent dans les écoles faire toutes sortes de job qui n'ont rien à voir avec la job de l'école.

J'aime mieux croire que tout ça c'est juste le résultat d'un non-projet de société, que ce n'en n'est pas un en soi. »

Michel Le Neuf (en commentaire)

Pourquoi « c'est meilleur au privé » ?

« Si autant de gens pensent que c’est meilleur au privé, c’est d’abord parce que trop peu de gens oeuvrant au public s’identifient positivement à son milieu ne cessant de jalouser ce qui se passe ailleurs, au public et au privé. J’inclus dans ça les parents d’élèves qui fréquentent le public et qui chialent plutôt que de s’investir, les administrateurs qui font tout pour les éloigner et refiler les problèmes à d’autres (en bas et en haut) et les enseignants qui tolèrent certaines positions syndicales auxquelles ils n’adhèrent pas en se tassant quand l’information leur arrive ou en acceptant en silence qu’on défende parfois l’indéfendable. Vrai que les enseignants ont aujourd’hui une profession vulnérable, exigeante et difficile, mais la qualité de leur organisation repose en grande partie sur leur capacité d’agir personnellement, très peu sur celle de la capacité d’agir de leur syndicat. Trop de choses au public se décident «au provincial» et les parents se tournent trop souvent vers le privé parce qu’ils ont la conviction que dans ce réseau, les profs et les administrateurs locaux ont une prise sur ce qui leur arrive!

« [...] Le taux de décrochage à Montréal et au Québec est une hypothèque terrible sur le développement de notre société, beaucoup en conviennent. Pourtant, dès qu’il est question d’agir pour que l’école arrive à trouver sa pertinence aux yeux des élèves à risque et des parents décrocheurs, des dénigreurs de toutes sortes viennent nous servir le discours de ce qu’il faudrait qu’elle soit à leurs yeux. «Trop de programme particuliers», «pas assez de par coeur, de notes et de compétition», «trop d’informatique et de projets» et «aucun recours aux grands classiques qui ont fait leurs preuves avec nous». Qui plus est, il ne faudrait pas faire d’efforts particuliers pour les garçons de peur de donner de la prise à cette culture «de la victimisation» qui font passer les filles pour des coupables de leur meilleur succès à l’école! »

Mario Asselin